Chapitre I

Chapitre I
Corrigée au fur et à mesure_Une suite avant la fin du mois_Une fin? Jamais_

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C'est une fiction sans en être une... Prenez le comme vous voulez...

[ La vie c'est comme une rose chaque pétale est un rêve et chaque épine une réalité...]

Pas de présentation, rien... Vous allez apprendre à me connaître au fil du temps... Si vraiment vous en valez la peine...

Vous me trouvez froide ? La vie m'a forcée à me forger une carapace aussi dure à percer que l'iridium, moins fragile que le diamant, plus dur que l'or, plus résistant que le titane. Jamais je ne m'en débarrasserais, jamais...

[...]

Huit mois, cela fais Huit mois...

Huit mois que j'ai tenté de partir, loin d'ici, loin de mes soucis, loin de ce monde. Pourquoi ? Car elle s'en est allée, s'en crier garde, sans que je m'en doute... Je m'en veux ? Oui... Oui je m'en veux. De quoi ? De ne pas l'avoir vu s'en aller, se décomposer petit à petit, je m'en veux d'avoir été si aveugle face à celle qui m'a tout donné, tout... Comment ai-je pu ne pas la voir s'envoler ? Comment ?...

On m'a souvent dit que Dieu l'avait rappelée à ses côtés, pour qu'il ait une épaule sur qui se reposer, une épaule fiable... Mais comment Dieu peut-il exister en regardant tout ce qu'il se passe autour de nous ? On m'a répondu « Imagine alors ce que serait le monde sans lui ? »... Il ne serait que meilleur, personne ne devrait s'en aller, personne... Mais en y réfléchissant, c'est la logique de s'en aller et de laisser place à quelqu'un d'autre... Mais pas si vite, ce n'est pas juste...
Juste...Juste... Drôle de mot n'est-ce pas ? Il est aussi transparent et indispensable que l'air pour nous êtres humains. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison qu'il ne veut plus rien dire aujourd'hui, et que sans lui plus personne ne continuerais d'espérer un monde meilleur... Transparent et indispensable tout simplement.

J'ai passé ces derniers mois à réfléchir sur le pour et le contre, la vie et la mort, les bonnes choses et les mauvaises... Cela fait maintenant huit mois que j'y suis. Où ? Dans cet hôpital pour « fous », pour « dérangés mentaux ». Dans un « asile ». Et pourquoi ? Parce-que j'ai essayé de m'échapper de cette prison qu'est la vie... La pire de toutes les prisons pour moi. Personne n'a compris mon choix, pas même mes proches... La seule personne que j'aimais et qui me comprenais s'en est allé...

Je ne veux plus me battre, je n'en ai plus la force. Pendant les premiers mois, je luttais contre tous, pour montrer que je n'étais pas folle, mais seulement que je voulais m'envoler à mon tour... Pourquoi me priver de ce droit ? Hein ? Pourquoi ? On est seul maître de son corps, de sa pensée... Alors pourquoi nous empêcher de partir ?...
La bêtise humaine, à croire et voir des gens fous de partout, dès qu'ils ne suivent pas la mode, ou dès qu'ils daignent se différencier. Il y a deux choses d'infini au monde : l'univers et la bêtise humaine... Mais pour l'univers je n'en suis pas très sur...

Ce furent les premiers mois les plus longs et les plus durs de ma vie...

Sans elle, seule contre tous, je ne pouvais rien faire, mais jamais je n'ai perdu espoir... Jamais...
Sauf jusqu'en ce début d'année. Je n'en pouvais plus, j'étais épuisée. Les médecins ne cessèrent de m'administrer par je ne sais quels moyens des calmants, pour que je sois moins turbulente... Cela m'épuisait... Quand je commençais à m'en rendre compte, je pris la décision de ne plus rien manger, de ne plus rien avaler... Mais c'était une mauvaise décision, une très mauvaise décision... Deux jours après, je fus mise en isolement.
L'isolement... On ne pèse pas le sens de ce mot avant de l'avoir endurer... Ce n'est pas affreux, ce n'est pas un calvaire en soi-même... Mais c'est le fait de se retrouver seule, face à sois qui effraie le plus. C'est là qu'on ce rend compte qui on est, quand on prend le temps de regarder plus loin que le bout de son nez. C'est là qu'on arrive à comprendre la crédulité, l'imbécilité du monde, en s'isolant de lui... C'est atroce dans le sens ou on à le droit à aucun contact quel qu'il soit, on a le droit à rien, on ne voit personne, on est dans le noir pratiquement les trois-quarts du temps, mais ce n'est qu'un des rares endroits sur terre on l'on peut, de nos jours, prendre le temps de penser, sans être distraits.
Pendant un mois j'y étais enfermée, j'avais compris que pour m'en sortir il fallait que je me taise et que je laisse tout le monde me traité de « folle », de « dérangée ».
Ils me posaient des tas de questions sur mon enfance, ma vie...Elle, qui veille sur moi à présent, me disait toujours « Souviens-toi que le silence est souvent la meilleure réponse... ». Le plus dur est de ce rendre compte, que des sois disant spécialistes, ne voient que les problèmes là ou il n'y en a pas... Et pendant tout ce temps je me disais qu'il fallait que je reste calme, posée et que j'accepte, à leurs yeux, d'être une « malade »... Ils essayaient de trouver le problème, ils essayaient de me rendre « normale à nouveaux disait mon médecin. Les hommes ont toujours recherché la perfection, et ont toujours voulu changer le monde. Lorsqu'ils auront atteint leur but, l'humanité sera morte depuis longtemps...

Elle, m'avait toujours dis : « S'accepter soi-même c'est s'accorder la liberté d'exister, sans peur, ni culpabilité. C'est se donner la possibilité d'accepter les autres »... J'y croyais, jusqu'à aujourd'hui... Comment pouvais-je me donner la possibilité d'accepter les autres sans m'accepter moi même alors ? Ce sont ceux qui posent toujours des questions qui sont les plus dangereux. Répondre, ce n'est pas si compromettant. Une seule question peut-être plus explosive que mille réponses. A trop réfléchir, on commence à douter de sois, puis on fini par douter de tout...

Enfin, au bout d'une longue année, je pu sortir, le jour même de mes 17 ans.

J'étais comme étrangère à ce monde qui était pourtant le mien. Je m'étais renfermée sur moi-même, je m'étais mise à penser comme ces médecins et spécialistes que j'étais vraiment folle. Je m'étais crée une carapace, dans laquelle je pouvais me réfugier...
Ce n'était pour moi ni une joie ni un cadeau. C'était tout à fait quelconque, je n'avais pas de raison de vire, mais de là à essayer une nouvelle foi de m'en aller, je ne le tenterais pas, je n'aurais plus la force. Et si par malheur je devrais revenir dans cet endroit, je deviendrais vraiment folle... Si je ne le suis pas déjà...

[...]

Je sortirais dans une heure, oui... Une heure... La plus longue de ma courte vie...

J'ai peur, peur... De quoi ? De la réaction de ceux que j'ai connus, il y a un an, ceux dont je n'ai plus eu de nouvelle... De toute façon, j'ai perdu goût a la vie, mes yeux ne voient qu'en noir et blanc, mes oreilles n'entendent que l'opinion et l'avis des autres, quand à mon nez, il ne sentira plus aucun parfum de joie et de bonheur et ma main, elle, ne touchera plus jamais celle de quelqu'un qui m'aime. Mes 5 sens m'ont eux aussi laissé tomber...

Je suis dans cette salle d'attente, seule, encore une fois. C'est devenu une habitude. Dans cette petite salle se trouvent qu'une chaise, une table basse en verre, une porte ainsi qu'une pendule blanche accroché au mur de crépit, en hauteur, face à moi. Cela va faire exactement vingt-trois minutes que je la fixe, sans bouger. Cette habitude que j'ai prise en étant enfermée, de compter les minutes, entrain de s'envoler... Ce temps qui mettait une éternité à s'écouler quand on voulait qu'il passe...
Les habitudes que j'avais accumulée ici étaient nombreuses... Trop nombreuses, et très mauvaises. Je suis en outre devenue cette « folle » que les spécialistes voyaient en moi... Ils arrivent tôt ou tard à faire sortir de vous une deuxième personne, que vous ne connaissez pas, mais que vous laissez vous guider, sans peur...

Soudain quelqu'un ouvrit la porte, et me fit signe d'approcher. C'est ce que je fis, avec méfiance... J'avais appris à me méfier de tout et de tout le monde. Cette personne me guida jusqu'à l'entrée du bâtiment, et me laissa en plein milieu de l'entrée. Je voyais l'extérieur, il faisait beau dehors. En me tournant, j'eu un flash... Celui de mon arrivée ...

[Fash Back...]

Ils me sortirent de l'ambulance, me tirant par les cheveux. J'hurlais... J'hurlais mon désespoir, ma rage, ma peur...
Deux hommes vêtus de blanc me traînèrent en montant l'escalier qui menait à l'intérieur de du bâtiment... Je ne voulais pas entrer, je ne voulais pas ! Je me débattais, mais cela ne servait à rien. Une fois dans le hall, une femme d'un certain âge s'avança...

« Mettez lui une camisole de force ! Une folle de plus dans cet établissement... Et si jeune... » *Elle tourna les talons et s'éclipsa au fond d'un long couloir...*


[Fin du Flash Back...]

Elle était là, à l'entrée, le nez dans son sac à main... Tout ce dont je rêvais à cet instant était d'aller la tuer ! Mais sortir d'un asile pour aller en prison, cela m'était tout bonnement impossible...

Je pris mon courage à deux mains, du moins le peu qu'il me restait, et sortie de cet asile, où un an de ma vie, c'était envolé... Ma misérable vie...
A l'extérieur il faisait bon. C'était la première fois depuis un an que je respirais l'air frais, sans odeurs médicamenteuses flottant autour de moi, tel un esprit frappeur. Je décidai de m'asseoir sur les marches en l'attendant... Qui ? La personne qui m'a mise au monde...
La personne que je hais le plus... Pourquoi ? ... Cette personne ne m'a pas élevée, elle n'a jamais été là pour moi. Jamais... Je ne sais même pas si elle sait que j'existe encore.
Elle passait, et passe probablement toujours, ses journées à dormir et ses soirées à s'amuser... Tout ce qu'elle savait faire, à l'époque, c'était satisfaire les désirs d'autres hommes que mon père. Boire sans soif et faire l'amour en tout temps, il n'y a que ça qui nous distingue des autres bêtes...
Mon père... Lui, alcoolique... L'alcool, cette saloperie. Tous les soirs en rentrant, sur qui s'acharnais-t-il ? Moi... Pourquoi ?... Jamais je ne trouverais de réponses à cette question, tout ce que je sais, c'est que la violence est le premier refuge de l'incompétence, c'est aussi la force des faibles... Mon père à toujours été faible...

Soudain, une voiture noire se gara devant moi. C'était un 4x4... Mais pas n'importe lequel... Cette voiture n'était autre qu'une Porsche... Ce véhicule était noir, flambant neuf, les vitres teintées... J'en restai sans voix. Le propriétaire de cette voiture ne devait pas être n'importe qui. Cette personne avait de l'argent. C'était évident...

C'est alors que la porte s'ouvrit et j'eu le choc de ma vie... C'était impossible... Impossible...

« Montes ! Je n'ai pas toute la journée ! »

Voilà les seuls mots que m'ai dis « ma mère » en me voyant. Un an que je ne l'avais plus vu... Un an que je n'avais pas eu une seule nouvelle... Un an de passé sans que personne ne s'en soit aperçu... Un an...

Je n'eu pas à lever la tête pour deviner que c'était elle. Je reconnaissais sa voix, amère, froide, sans émotions aucune... Aussi rapide et transparente que le vent, cela me fit tressaillir...
Sans rien dire, je pris ma veste et montai dans la voiture. Elle ne me regarda pas, et j'en fis autant. Le trajet jusqu'à sa maison fut relativement court. Ni elle ni moi n'avions parlées... Trop de choses nous éloignaient l'une de l'autre.
Je ne la connaissais pas, et c'était le même avis qu'elle portait sur moi... Et d'ailleurs je ne souhaitais pas la connaître...

Fin du premier chapitre... Pas très long je sais, mais je dois prendre mon temps pour écrire cette fiction... S'en est une sans l'être alors c'est délicat à écrire. Ne vous en faites pas TH apparaîtra dans les chapitres suivants.

[Allez-vous voir plus loin que le bout de votre nez ? J'en doute, mais certaines en son capables je pense...]

# Posté le jeudi 28 juin 2007 09:49
Modifié le mardi 30 décembre 2008 07:00

Chapitre II

Chapitre II

La suite...


[On ne fait pas ce que l'on veut et cependant on est responsable de ce que l'on est...]

Pendant le trajet je contemplais le paysage...

Ma mère prit la route habituelle pour se rendre chez elle. Pourquoi dis-je « chez elle » et non pas « chez nous »? Simplement car je n'ai vécu que très peu de temps avec « mes parents », et qu'avoir été avec eux je n'appelle pas cela une vie ! Ma seule véritable maison était celle avec qui j'ai vécu, elle qui n'est plus du monde des vivants. On m'a dit « C'est devenu un ange maintenant ! »... Mais au Ciel, un ange n'a rien d'exceptionnel. Pour moi c'était un ange mortel, simplement là pour me sauver. Toutes les bonnes choses ont une fin... Malheureusement.

Paysage magnifique, il me fallait en convenir, je ne l'avais plus vu depuis plusieurs années. Tout était vert: les arbres, leurs troncs couverts de lichen, leur frondaisons dégoulinantes de mousse, le sol encombré de fougères. Même l'air qui filtrait à travers les feuilles avait des reflets verdâtres...

Nous finîmes par arriver. Elle coupa le contact de la voiture et ne bougea pas. Je compris qu'il fallait que je descende, et que je rentre... Je pris ma veste, ouvrit la portière et sortie du 4x4. J'entendis tinter des clés dans mon dos, je me retournai et la vit le bras tendu vers moi des clés à la main... Je compris aussitôt comment elle avait pu ce procurer ce genre de voiture...
Sans doutes lors d'une de ses soirées bien arrosées, a-t-elle du rencontrer un riche célibataire. Et comme toutes les femmes de son « espèce » elle lui a mit le grappin dessus, et n'a pas lâcher prise, tout simplement. Pour ma mère l'argent est comme un sixième sens, sans lui, elle ne peut se servir de ces cinq autres...
Je pris les clés entre mes doigts et referma la portière. Je la regardais s'éloigner, perdu dans mes pensées...

D'ailleurs la pensée ne commence qu'avec le doute. J'avais compris qu'elle avait quitté mon père pour un autre, je devais donc l'affronter à nouveau. Je savais qu'il me guettait au-delà de cette porte d'entrée, tremblant de joie à l'idée de retrouver après tant d'années d'absence son « jouet », celui sur lequel il se défoulait ou se faisait plaisir. Me voir souffrir le faisait jouir...
J'ai toujours fais semblant devant les autres, mes amis, ceux de mes parents, pour faire croire qu'on était une famille heureuse... Je m'empressais de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. Tout le monde me disait de voir ma vie en couleur, voyant ce qu'elle me réservait, je préférais la voir en noir et blanc. Puis certains soirs ou mon père m'oubliais, je m'endormais... Et faisait toujours ce même rêve, qui me délivrait... Celui où je le tuais, et tout cela étais fini...Le sommeil, on le sait, est le plus secret de nos actes... Et le lendemain, je me réveillais, avec cette phrase en tête : « L'avenir n'est rien d'autre qu'un futur « Aujourd'hui » »...
Chaque jour je savais plus ou moins ce qui m'attendais, à force c'était normal, cela faisait depuis mes 6 ans que ça durai et à l'époque j'en avais 10. Je ne sentais plus rien, ma mère s'en fichait et mon père se faisait plaisir... Pourquoi tout changer alors que la situation était stable ? La seule personne qui devait souffrir c'était moi, et si je me taisais tout ce passerais bien... Ce n'est pas la souffrance de l'enfant qui est révoltante en elle-même, mais le fait que cette souffrance ne soit pas justifiée...
Je contrôlais la situation dans ce cas là, alors j'avais décidé de faire comme si de rien n'était... L'injustice sociale est une évidence si familière, elle est d'une constitution si robuste, qu'elle paraît facilement naturelle à ceux mêmes qui en sont victimes, c'était ce qui m'arrivait. Mon unique espérance était dans mon désespoir... J'avais survécu à tout ça et je suis encore là aujourd'hui. Quelle différence ? Aucune... La mort n'est pas une chose si sérieuse mais la douleur, oui... Je ne pouvais plus souffrir de son absence. C'était elle qui m'avait sauvé, elle qui avait su voir ma détresse si bien cachée, elle qui m'avait nourrie et logée à partir de mes 11 ans, elle qui s'en est allée quand j'en avais 15... C'était trop dur à supporter seule. C'est pourquoi je devais m'en aller, après que Dieu l'ai rappelée a ses côtés... Mon passé, sachez-le est le trois quart de mon présent. Je rêve plus que je ne vis, et je rêve en arrière. Les gens comme moi qui, par leurs sentiments, appartiennent au passé et, par leurs pensées à l'avenir, trouvent difficilement place dans le présent...

Un vent doux soufflait et me ramena à l'instant présent...
Ma mère m'ayant donné les clés, cela voulait dire que mon père n'était peut être pas présent, alors je m'avançai vers la porte d'entrée, y glissa une grande clé de fer, et pénétrai à l'intérieur. Une fois dedans, je m'aperçu que rien n'avait changé en 4 ans...
Toujours cette même odeur de cigarette et d'alcool. Je ne mis pas longtemps à monter à l'étage. Une fois arrivée devant la porte de ma chambre, j'eu un instant d'hésitation, pris la poignée entre mes mains frêles, puis poussa la porte.

Un plancher, des murs bleu clairs, des rideaux de dentelle jaunie à la fenêtre, un lit simple, un bureau vide... Une chambre dépourvue de toute forme ou présence, totalement impersonnelle. Cela me suffisait, c'était mon espace, mon univers, ma « carapace »... J'étais à nouveau seule, mais comme elle me disait « Il n'y a pas deux temps pareils de solitude car on n'est jamais seul de la même façon ». La solitude n'est possible que très jeune, quand on a devant soi tous ses rêves, ou très vieux, avec derrière soi tous ses souvenirs, je n'ai que 17 ans à présent et je ne suis ni très vielle ni très jeune pourtant la solitude m'enveloppe telle un voile transparent, je ne peux m'en débarrasser, j'ai perdu tous mes souvenirs et ne rêve plus, mon esprit à lâché prise en tout espoir...

J'enlevai mes chaussures, posai ma veste sur la chaise du bureau et m'assit en tailleur sur le lit qui grinça sous la pression de mon poids.
J'essayai de me remémorer certains bons moments de ma vie... Les meilleurs souvenirs sont ceux que l'on a oubliés... Aux yeux de mes parents je n'étais rien d'autre qu'un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets.

Soudain, mon regard se posa dans un recoin sombre de ma chambre, et là je vis ce à quoi je tenais le plus étant enfant, ce ou devrais-je dire celle qui m'avait aidé, celle qui me tenait encore en vie à l'époque où je vivais ici... Un flash... Je me rappelais comme si c'était hier la foi où j'avais rangé ce journal sous cette latte défaillante de mon parquet, dans ce recoin sombre... Un dur souvenir refit surface...

[Flash Back]

Chère Kitty,

Cela c'est passer il y a deux jours, je dois t'en parler...
En rentrant ce jour là, il c'est acharné sur moi comme jamais. Tout ce qui lui passait sous la main finissait par se briser sur moi, tôt ou tard... Du vase au tabouret, en passant par les lampes et le fer à repasser...
J'ai fini le jour de mon neuvième anniversaire, allongée dans une marre de sang, qu'étais le mien, dans la cuisine, voyant mon père au dessus de moi, sa ceinture cloutée en cuir noir à la main... Il leva le bras et le rabattit sur moi avec force, le cuir me brûla au contact de ma peau. Il m'avait frappée sur le ventre. Je saignais, cela faisait horriblement mal. Du sang avait giclé de partout, c'était affreux. Je le vis rire, puis il leva à nouveau son bras, je ne pouvais pas supporter ça une seconde fois... Puis plus rien, un trou noir...

Le lendemain, j'étais toujours au même endroit, le sang avait sécher, c'était horrible, ce désordre, cette odeur... J'avais mal, j'avais très mal... Qu'est-ce que j'ai fais ? Je me suis relevée, je suis allée me doucher, j'ai tout nettoyé et je suis retournée à l'école comme maman m'a dis de faire... Personne ne voit les coups que je reçois. Je sais les cacher maintenant. Alors je fais comme si de rien n'étais auprès des autres...

Je l'entends il rentre... Je ne sais pas ce qu'il va me faire Kitty, je ne sais pas ! J'ai peur...

[Fin du Flash Back]

Le téléphone de la maison se mit à sonner, ce qui me fit sursauter. J'avais perdu l'habitude de se genre de bruits, en fait j'avais perdu l'habitude de tout genre de bruits...
J'étais à présent dans le salon, devant le téléphone, puis je décrochai le combiné...

« A...Allô ? » *Hésitante, mon souffle se faisait court*
« Allô Chanel ? C'est Dav... »
« Non ! » *Cela agit comme une bombe à retardement en moi, je raccrochai, sans même prendre le temps de savoir qui était cet homme*

Comment pouvait-on me prendre pour ma mère ? COMMENT ? Je lui ressemblais tant que ça ? Ce qui était sur, c'était que j'avais la même voix qu'elle...

[Notre vie est un livre qui s'écrit tout seul. Nous sommes des personnages de roman qui ne comprennent pas toujours bien ce que veut l'auteur...]


Merci.
# Posté le samedi 30 juin 2007 05:49
Modifié le mercredi 10 décembre 2008 05:20

Chapitre III

Chapitre III
La suite...

[On n'est pas heureux : notre bonheur, c'est le silence du malheur...]

J'étais toujours devant le téléphone, la main sur le combiné raccroché...
J'étais essoufflée, choquée, humilié par l'erreur qu'avait commise cet homme, si petite pour vous, tellement grande pour moi... Toute ma vie j'ai cherché à ce qu'on ne me compare pas à elle, que se soit via l'apparence, les gestes, la sois disant « beauté » qu'elle dégageait...
De tout temps la beauté a été ressentie par certains comme une secrète insulte.

[...]

La lumière du jour traversait difficilement les volets et les rideaux épais du salon. La luminosité orangée, sombre, dans certains recoins de la pièce, me fit frissonner. Je lâchai le téléphone et me redressai. Mes yeux se posèrent sur la petite commode, en bois de chêne, dans le coin du salon. J'étais intriguée par ce qui était posé dessus... En m'approchant je pus distinguer deux cadres, parmi une bouteille de bière, vide, et un cendrier remplis de mégot de cigarettes dont l'odeur nauséabonde s'échappait. En arrivant devant la commode, j'hésitai longuement avant de prendre l'un des cadres entre mes mains. Puis enfin décidée, j'en pris un.
Je pus y découvrir, ma mère à la plage, probablement avant ma naissance. Elle était souriante, radieuse... Visage de traître ! Quand la bouche dit oui, le regard dit peut-être... L'hypocrisie... Cela se voyait dans ses yeux, son expression de visage... Je suis paranoïaque ? Non, je sais juste voir plus loin que le bout de mon nez ! Je me suis fais greffer des yeux capables de voir le mensonge pour enfin découvrir la vérité...

Je pris le temps de reposer délicatement, face cachée, le cadre sur la commode en faisant attention de ne pas laisser de traces de doigts sur la fine couche de poussière qui s'y était accumulée. Puis vin le tour du second cadre, je le pris et le retourna. Je connaissais cette silhouette, ces formes... Ce n'était autre que moi... Moi...
Mon père avait gardé, près de lui, une photo de moi pendant toutes ces années... Cette photo qui datait de mon neuvième anniversaire, une semaine exactement après m'être faite battue par ce monstre... J'avais une ecchymose péri orbitaire à l'½il gauche, plus connue sous le nom d'½il au beurre noir, des hématomes qui, du violet passaient au vert, puis au jaune sur les joues. Je ne souriais pas, aucune expression dans mon visage, dans mon regard.

Le néant...

Mais une autre forme vint à se dessiner, peu à peu. Non pas sur la photo, mais sur la plaque en verre qui la protégeait...

Non... Non, pas lui !

Je sentais sa présence, son corps, son souffle irrégulier, bruyant, dus à l'abus d'alcool et de drogues quelles qu'elles soient... Dieu n'avait fait que l'eau, mais l'homme a fait le vin...
Le tourment de la présence est pire que celui de l'absence. Mon rythme cardiaque s'accéléra, je repensais à toutes ce fois où il me faisait souffrir pour son propre plaisir...
Prise de panique, je relâcha le cadre, il tomba par terre et la plaque de verre se brisa en milliers de petits éclats orangés du à la luminosité de la pièce. Je fis volte-face, les bouts de verres craquelèrent sous mes pieds. Et là, j'eu un choc... Mon père... Mon père avait vieillit.
En six ans, tant de changements son possibles pour le corps humain. Le temps le ronge, le fait subir tant de choses.

Le temps... Le langage ordinaire nous en avertit : nous sommes soumis au temps, qui nous emporte. Nous vivons dans le temps, mais cela signifie d'abord notre incapacité à nous en extraire, à lui échapper. De plus, nous savons que le temps nous est globalement compté, et que son écoulement n'a pour horizon que la certitude de la mort, ce que j'attends... De par le temps, tout homme a cherché, une fois dans sa vie, à être immortel, mais il n'y a pas à chercher, la mort est le commencement de l'immortalité, elle est infinie, ne s'arrête pas. Nous sommes si infirmes, si désarmés, si ignorants, si petits, nous autres, sur ce grain de boue qui tourne délayé dans une goutte d'eau...

Il me fixait, sans bouger. Il me dévisageait... Rien qu'en le voyant milles souvenirs refirent surface. Il est des pensées comme des blessures dont on ne revient pas...
Me reconnaissait-il ? Probablement... Certainement même, car il se mit à la fixer avec insistance. Quoi donc ? Ma cicatrice... Celle qui fait de moi « sa fille », ou devrais-je dire « son jouet ». Il m'avait marquée comme un animal pour montrer au monde que je lui appartenais. Où était cette cicatrice ? Vous le saurez tôt ou tard...
Je voyais le plaisir naître en lui, un frisson le parcouru... Il avait attendu ça depuis si longtemps. Une bizarrerie de l'homme, c'est de vouloir, quand il attend une heure avec impatience, faire faire au temps un chemin aussi rapide que celui de sa pensée... C'était ce qu'il voulait, et il y était arrivé, car il ne savait pas que je rentrerais aujourd'hui...

« Les absents ont toujours tort de revenir! Hum... » *Un faux sourire accroché à ses lèvre. Il s'avançait vers moi*
« ... » *Il m'était impossible de bouger*
« Tu as tellement changé... Presque aussi radieuse que ta mère dis moi ! » *A ces mots, j'eu la sensation que l'on me poignardait en plein c½ur*
« Espèce de connard ! » * Sifflais-je entre mes dents. C'était sorti tout seul, tant d'année je m'étais empêchée de parler, mais il fallait que ça sorte*
« Comment oses-tu me parler ainsi ? COMMENT ? Après tout ce que j'ai fais pour toi ? » *Il serra les poings, laissant peu à peu apparaître ses veines sur les bras, et celle sur sa tempe gauche*
« Tout ce que tu as fais pour moi ? Tu n'a rien fais ! RIEN ! » *En m'énervant à mon tour*
« Espèce de petite salope ! » *Dit-il se ruant sur moi, tel un fauve chassant sa proie*

Il agrippa mes cheveux de sa main gauche, et appuyai sa main droite sur mon épaule gauche, de façon a me faire agenouillé devant lui. Il me donna un coup de poing et un autre, jusqu'à ce que j'en tombe par terre. Puis il défit sa ceinture, cette maudite ceinture...
Non ! Non ! Pas cette fois ! Il n'allait pas m'avoir comme ça ! Malgré la douleur qui m'assaillait de toute part, je me relevai en une fraction de secondes, et pris la bouteille de bière vide sur la commode en bois, la lui brisant sur la tête. Je ne pris pas le temps de voir s'il c'était effondré. Je l'entendis tout simplement tomber... Mais je ne me retournai pas. Je ne voulais pas. Il pouvait mourir sur place, cela m'était égal. Je me dirigeai vers la cuisine, pris les clés de la voiture, et son téléphone portable...

C'est alors qu'une pensée soudaine fit éruption dans ma tête, s'il était mort et que quelqu'un trouvai son cadavre... Qui serait le meurtrier ? Moi... Non je ne pouvais pas m'en aller... Mais mon instinct me poussait à partir... Car voyez vous, l'instinct, c'est l'âme à quatre pattes, la pensée c'est l'esprit debout. Dans ces cas la l'instinct l'emporte. Je ne voulais plus souffrir pour ses beaux yeux.

[...]

Je pris une des vestes accrochées à l'entrée sur un vieux porte-manteau en bois, ouvrit la porte à la volée, me ruai dans la voiture, fis glisser les clés dans le contact et démarrai au quart de tour...

Je voyais les arbres défilés, entre deux larmes. Le soleil se couchait petit à petit, ce qui donnait cette luminosité si particulière...

Mes yeux se posèrent sur le siège côté passager de la voiture, et là je vis le portable de mon père. Je devais le faire. Pour moi, même si j'en avais honte, il le fallait... Je me garai sur le bas-côté de la petite route de campagne et composa les dix chiffres de son numéro...

Il faisait frais, l'air était légèrement humide dans la région. Cela me rafraîchi un peu.
Puis, enfin, quelqu'un décrocha...

« Allô ? »
« Chanel ? C'est moi... » *Dis-je, d'un voix tremblante*
« Que veux-tu? » *Dit-elle, las*
« Est-ce que... Je peux venir chez toi ce soir ? »
« ...Je n'y serais pas de toute façon ! Mais pourquoi ? »
« Laurent est... Enfin, il recommence... Je... Je ne peux plus...» *Dis-je en essayent tant bien que mal de retenir mes larmes. Ma voix se fit faible, mes lèvres tremblèrent*
« Ressaisit toi voyons ! Plus jeune tu étais plus forte...2 Brokeback Road, sur la route de l'ancien ranch...»

Tut... Tut... Tut...

« Merci... » *Chuchotais-je*

Je ne cherchai pas plus longtemps. Je pris les clés, mis le contact et démarra...

[Ce que j'ai appris, je ne le sais plus. Le peu que je sais encore, je l'ai deviné...]

Merci.
# Posté le mercredi 04 juillet 2007 15:25
Modifié le mercredi 10 décembre 2008 05:36

Chapitre IV

Chapitre IV
La suite...

[Je suis une philosophe incomprise, on me dit folle. C'est ce qu'on pensait de tous les génies...]

L'air s'engouffrait dans mes cheveux, qui tournoyaient en fouettant mon visage. Mes larmes se séchèrent petit à petit. Je me mis à oublier... Tout oublier... Cette sensation de liberté s'emparait de moi peut à peut, mais cela pour un court instant...

Un léger éclat blanc me sorti de mes pensées. Je stoppai nette la vieille Chevrolet rouge de mon père et tourna la tête vers cette étrange luminosité. En voyant cela, j'en fus sans voix... C'était en fait une maison... Une bâtisse immense. Tout simplement sublime. Je sorti un pied de la voiture, puis l'autre et me retrouvait fasse à elle. C'était bel et bien celle de ma mère... Je reconnu le 4x4 Porsche noir, aux vitres teintées, garé sur le parking devant l'entrée. J'ignore ce à quoi je m'étais attendue. Certainement pas à ça.
La villa était sans âge, élégante, sans doutes centenaire. D'un blanc un peu fané, comportant trois niveaux, rectangulaire, elle avait des proportions harmonieuses. Les portes et fenêtres étaient d'origine ou avaient été l'objet d'une habile restauration. J'entendais la rivière, cachée par la forêt obscure qui bordait l'arrière de la maison. C'était un contraste tout simplement époustouflant, avec cette même luminosité orangée de fin de journée. Je fini par reprendre mes esprits, puis remontai dans la voiture, pour finalement la garé aux coté de celle de ma mère.

[...]

Sous le porche, à l'entrée, j'attendais que l'on vienne m'ouvrir...
Soudain la poignée d'or, sur la droite de la porte, pivota. Une vieille dame, l'air souriante, les cheveux grisonnants, et ridée, m'ouvrit. Sans un mot elle me fit signe d'entrer...

L'intérieur se révéla encore plus surprenant, moins classique que l'extérieur. Le rez-de-chaussée était très clair, très ouvert, immense. Il avait dû y avoir plusieurs pièces, mais on avait abattu les murs pratiquement partout afin de crée un espace gigantesque. A l'arrière, la façade sud avait été entièrement remplacée par des vitres et, au delà des cèdres, la pelouse nue s'étendait jusqu'à la rivière, légèrement masquée par le premier flot d'arbres immenses appartenant à la forêt sombre et aussi dense qu'elle puisse être. Un colossal escalier à révolution dominait l'ouest de la salle. Les parois, les hauts plafonds à poutres apparentes, les planchers et les tapis moelleux couvraient toute la palette des blancs. A gauche, une estrade supportant un spectaculaire piano a queue.

La vieille dame me fit signe de a suivre à l'étage, ce que je fis.
Une fois arrivées, elle tourna à droite et s'arrêtai devant une des 5 portes du couloir. Elle attrapa la poignée, la fit pivoter et ouvrit la porte, tout en me souriant. Sans attendre, j'en franchi le seuil.
Je découvris avec stupéfaction « ma nouvelle chambre »... En entrant à ma droite ce trouvai un petit boîtier blanc accroché au mur, certainement un haut parleur. Tout était blanc : le fauteuil cabriolet de cuir près de la baie vitrée, donnant une vue sur l'immense forêt, le tapis en peau de mouton, les murs de briques, la douzaine de tulipes fraîches et un ordinateur écran plat posé sur un magnifique bureau en bois de chêne peint. La seule touche de couleur provenait de la pomme verte qui trônait au milieu de la table basse en marbre blanc...

« J'espère que Madame s'y plaira ! » *Dit la vieille femme en souriant*
« Non... Appelez-moi... » *Commençais-je*
« ROOOOOOSE !!! » *Ce cris me fit sursauter et par conséquent m'empêcha de finir ma phrase. La vieille dame s'inclina devant moi et disparu dans les escaliers menant au rez-de-chaussée*

C'était probablement ma mère qui venait de l'appeler... Toujours cette même voix. C'était elle, sans aucuns doutes.

Soudain, des bruits de pas se firent entendre... Ou plutôt un claquement régulier de talons martelant les marches en bois des escaliers, ils se rapprochaient à grande vitesse. Et là, la porte de ma chambre s'ouvrit a la volée...

« Tiens... Déjà là... Je n'aurais jamais pensée que tu aurais pu arriver aussi vite, dans l'état dans lequel tu te trouve... Tu ne t'es même pas douchée après que je t'ai laissée chez ton père ? » *Dit-elle visiblement en colère*
« Je... Non... Je n'en ai pas eu le temps... J'ai... » *
Dis-je hésitante*
« Bon alors qu'attends-tu ? » *Dit-elle me coupant une fois de plus, croisant ses bras sous sa poitrine*
« Bien j'ignore où se trouve la salle de bain... Puis je n'ai pas de change... Je n'ai pas eu le temps de... »
« Tu n'as jamais le temps de rien de toute façon ! Et la porte au fond à droite là-bas ne sert pas de décoration ! Elle mène à la salle de bain ! Mais évidement vu le peut de perspicacité que tu as, je ne t'en veux pas d'être... Ce que tu es... Et pour des changes arrange toi avec Rose, la femme de chambre... Ce soir je donne un dîner ! Je ne veux te voir sous aucun prétexte ! Tu as tout ce dont tu as besoin dans cette chambre alors tâche de t'en contenter ! Suis-je claire ?» *Elle posa ses mains sur ses hanches et fronça ses sourcils*
« Oui... Merci » *Dis-je en baissant la tête*
« Bien ! Tu as un interphone là si nécessaire ! » *Elle tourna les talons et claqua la porte derrière elle*

Une femme ignoble tout simplement. Si elle ne m'hébergeait pas, jamais je ne me serais laissé marcher sur les pieds de cette façon ! Du moins plus maintenant ! Mais je dois toujours m'incliner... Cela ne changera jamais...

Sans plus attendre, je me dirigeai vers la salle de bain. En ouvrant la porte, nouvelle stupéfaction...
Tout était en blanc. Le sol, les carreaux recouvrant les quatre pans de murs, la baignoire, le lavabo et les toilettes étaient en marbre. Seules plusieurs touches d'argent, qui n'étaient attribué qu'à la tuyauterie, coupaient en contrastant avec le blanc.
Je me déshabillai et pénétra dans la baignoire. Je pris le pommeau de douche de la main droite et le colla sur ma poitrine. Ma main gauche se déposa sur le manche du robinet et l'actionna en le levant... Je pris une longue et bonne douche froide. Jamais je n'ai aimé ni supporté la chaleur. Pourquoi ? Je l'ignore, mais le froid m'apaise...

[...]

Comment marchait-il ? Faut-il appuyer sur le bouton et relâcher ? Ou tout simplement rester appuyer en attendant que l'on me réponde ? Ou alors tout simplement attendre que l'on m'appelle ?

Devant cet interphone, je me torturais l'esprit pour deviner comment pouvait marcher ce drôle de boîtier rectangulaire. J'étais sans cesse déconcentrée par un petit voyant lumineux vert qui ne cessa de s'allumer et de s'éteindre toute les 8 secondes... Précise ? Non juste une mauvaise habitude que j'ai contracté « là-bas »...
Le temps y était mon seul ami, ou ennemi selon la façon dont on le voit. La seule façon de le tuer c'est encore de l'utiliser... Alors pour tout et pour rien le temps me servait. Combien de temps je mettais pour faire le tour de la pièce ou j'étais enfermée... Combien de temps fallait-il entre le moment ou on m'annonçait que j'allais manger et le moment ou mon plat était servi... Combien de temps un psychiatre s'acharnait-il sur moi ... Combien de temps mettais une porte de cellule à s'ouvrir et se fermer... Combien de temps...
La curiosité fut la plus forte une nouvelle fois. J'appuyai alors sur le bouton et le relâcha... Une attente de 12 secondes se déroula, puis quelqu'un répondit...

« C'est Rose Madame... Vous désirez ? » *Sa voix était légèrement déformé par le crépitement que l'appareil émettait*
« Euh... J'aurais besoin de changes, Chanel m'a dit que vous pourriez m'aider... »
« Oui Madame ! Puis-je monter ? »
« Oui » *Et la conversation stoppa, plus aucun grésillement se fit entendre*

J'ajustai ma serviette de bain autour de ma poitrine et poussa mes cheveux en arrière. J'entendis à nouveau des bruits de pas, plus légers, bien plus légers. Ils s'arrêtèrent devant ma porte et quelqu'un frappa...

« C'est Rose Madame ! » *Dit-elle timidement*
« Entrez ! » *Dis-je. Elle poussa la porte. En me voyant elle sourit*
« Bien alors voilà des jean que votre mère portait. Je pense que vous aller pouvoir y entrer sans grande difficulté. Et voilà des tee-shirts, ainsi que deux paires de chaussures... Des chaussures de tous les jours, plus communément appelées baskets et une parie de ballerines ! » *En posant une piles de vêtement sur le lit et les deux paires de chaussures par terre au pied du lit*
« Merci ... »
« Si vous désirez autre chose Madame ? »
« Oui autre chose... »
« Je vous écoute ? »
« Appelez-moi... Sonny, c'est mon prénom... » *Lui dis-je en souriant*
« Très bien... Sonny ! Si besoin faites moi sonner ! » *En montrant l'interphone du doigt. Elle s'en alla en fermant délicatement la porte*

Je m'assis sur le lit et observa un instant les vêtements que m'avait apporté Rose... Puis en un instant tout s'arrêta...
Je ne l'avais pas prononcé depuis des années... Mon prénom... Sonny... Drôle de prénom me direz-vous ?

[...]

A ma naissance, à l'hôpital, ma mère n'avait aucune idée de prénom en tête... Elle n'avait pas pris la peine de chercher, elle s'en fichait... Après l'accouchement, une infirmière m'avait emmené à elle pour qu'elle me donne un prénom... Etant prise de courts, elle regarda la télévision accrochée au mur en face d'elle et elle y lit la marque...
Voilà pourquoi je m'appelle Sonny... Ce prénom me déplait énormément dans le sens ou je suis comparée à une vulgaire télévision puisque ma mère n'a pas pris le temps de me chercher un prénom comme tous les autres. Mais d'un autre côté elle ne pouvait pas trouver mieux... Il sort de l'ordinaire et c'est ce que j'aime le plus au monde... Je ne suis pas comme les autres et je l'assume.

[Croquez la vie à pleine dents ! Moi, je ne peux pas. Je la croque mais je n'ai plus la force de la mâcher, alors je finis par m'étouffer...]

Merci.

# Posté le vendredi 27 juillet 2007 10:22
Modifié le mercredi 10 décembre 2008 05:50

Chapitre V

Chapitre V
La suite...

[La vérité d'un homme, c'est d'abord ce qu'il cache...]

Sans plus attendre, je m'habillai. Je choisis parmi les vêtements que m'avait monté Rose un jean cigarette, datant des années 80, noir et usé, avec un tee-shirt tout simple blanc et une paire des vieilles tennis blanches, qui avec le temps tiraient vers le gris. Une fois habillée, je retournai dans la salle de bain... Mon regard se posa sur mon reflet...Je ne m'étais plus regardé depuis si longtemps...
J'avais changé... Mes cheveux, humides, gouttaient dans mon dos. Ils étaient plus longs qu'avant, mais toujours aussi noirs et ondulés. Ils contrastaient avec mes yeux bleus et mon teint pâle...La seule chose qui n'avait pas changé, cette marque qu'il m'avait faite... Puis au fil des années, mon regard était devenu vide, triste... Comment pourrait-il changer un jour ? Il ne le pourrait tout simplement pas.

[...]

Je sortie de la salle de bain, ouvris la baie vitrée qui donnai sur le jardin. Un peu plus loin, on pouvait voir la lisière de la forêt...
Elle m'attirait... La nuit tombait au fur et à mesure, ce qui faisait se lever une légère brume, qui cédait au néant en entrant dans la forêt. Je pouvais aussi apercevoir entre les branchages des arbres, le ruisseau s'écouler lentement et délicatement, en suivant son cour. Un très beau spectacle... Je vois et j'écoutes... Je me contente de peu ? Non, j'apprécie la nature, le monde, et tout ce qui m'entoure a sa propre valeur. C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas... Mais hélas c'est la vie...

[...]

Ma mère montait les escaliers. Je reconnu aussitôt le bruit que le claquement de ses talons aiguille contre le sol faisait. Ce pas régulier et décidé était le sien. Je fis volte fasse en l'entendant tambouriner à la porte de la chambre...

« Ils ne vont pas tarder...Tu ne BOUGE pas de cette chambre sans mon autorisation... Est-ce clair ?» *Aboya-t-elle, en pointant son index dans ma direction*
« Ou... » *J'eus tout juste le temps d'ouvrir la bouche pour lui répondre que la porte claqua violemment*

Cette fâcheuse tendance qu'elle avait de ne jamais laisser les gens finir leurs phrases. Cela m'exaspérait, et m'exaspère toujours autant. Mais si j'avais le malheur de protester, je savais ce qui m'attendait, alors je ne faisais qu'obéir... Comme toujours...

[...]

Mais ces invités, qui étaient-ils ? Des hommes d'affaire ? Sans aucuns doutes... Pour que ma mère ait sorti sa rivière de diamants, ce ne pouvait être que des gens de hauts rangs...

Ne sachant que faire en attendant leur arrivée, je me dirigeai vers l'écran plat posé sur le bureau. Ma mère ne m'ayant donné aucune consigne ou interdiction concernant cette machine, je me décidai et l'alluma, sans aucun bruit. J'avais toujours rêvé d'avoir un ordinateur étant plus jeune... Mais j'avais appris à me passer de mes envies, car jamais aucunes d'elles n'étaient réalisés, ni réalisables...
Dans un réflexe, j'éteignis l'ordinateur. De toute façon je n'aurais su le faire marcher. En tournant la tête, je découvris que la nuit tombait. Le ciel était parsemé de milliard de petits points brillants. Puis une étoile filante traversa le ciel, majestueusement en laissant une légère traînée lumineuse derrière elle, puis elle s'en alla mourir dans le noir de la nuit... J'étais enfant à l'époque...

[Flash Back]

« SONNY ! » *Cria-t-il*
« Ou... Oui ? » *Je en me retournant, je le vis, totalement soul, je savais que ça allait recommencer*
« Tu comptes passer la nuit là ? A rien faire ? HEIN ?! » *En s'approchant dangereusement de moi*
« Non... Je... Je rentre tout de suite ! » *En me levant d'un bond, mais il m'attrapa par le bras et m'envoya à terre*
« Tu crois que je vais te laisser partir sans te donner une bonne correction ? HEIN ?! On a beau te corriger sans cesse avec ta mère mais tu n'obéis pas ! Alors on doit sévir tu comprends ? » *Dit-il calmement, en souriant. Il défaisait lentement sa ceinture. Je tremblais comme une feuille, des larmes s'échappèrent de mes yeux sans même que je puisse les contrôler... J'étais pétrifiée, et me redressai, lui tenant tête*
« ...Je... Je n'ai rien fais ! » *En disant cela, son regard devint noir, il tentait de se contrôler. Je savais qu'en protestant, ce serait pire... Bien pire... Mais l'habitude fais qu'on fini par s'y faire*
« QUOI ? ET TU OSES ME REPONDRE SUR CE TON ? PAUVRE PETITE CONNE ! » *Il leva sa ceinture*

Par réflexe je me jetai à terre. Malgré mes efforts pour ne pas être touchée, il attrapa mon bras gauche, je saignais, j'avais mal... Mais je ne criais pas. Il me plaqua dos à terre et se mit sur moi... Il rigolait, ça l'amusait... Il leva sa main gauche et me gifla... Puis la main droite... Puis plusieurs fois de suite. Au bout de la huitième fois, je ne sentais plus rien... Alors il s'approcha de moi, et me marqua, tel un animal. Il attrapa mon visage, le bloqua, et là il leva le bras droit, muni d'un couteau d'argent... La fin était proche, je le sentais...
Au dessus de lui, une étoile filante se dessina, elle était sublime, je l'attendais depuis des heures, puis elle venait enfin de se manifester. Je fermai les yeux et fit le veux de rester en vie ce soir là... Je sentis soudain la lame glisser de haut en bas sur mon ½il droit... Ca me brûla sur le moment, c'était horrible. La douleur était insoutenable.
Il fini par se lever. Une fois debout, il me cracha dessus et tourna les talons...
En réouvrant les yeux, je les vis... Ces étoiles... Avec un seul ½il...

[Fin du Flash Back]

A partir de ce jour je m'étais juré, chaque soir de regarder les étoiles et de les remercier de m'avoir sauvée... C'était la pire de toute les choses... Ne pas pouvoir voir. Affreux... On avait fini par me redonner la vue en m'opérant. Grâce à ses étoiles, je pouvais y voir mais plus de la même façon... Elles m'ont offert ce don... Lequel ? ... Je ne vous le dévoilerais pas... C'est mon plus grand secret. Je suis la seule à le savoir. Je ne le divulguerais sous aucun prétexte...


Soudain je vis les lumières des phares des voitures se refléter sur la lisière de la forêt, tellement dense, qu'elles ne pouvaient la traversé. Puis j'entendis leurs moteurs... Il y avait plusieurs voitures... Les phares s'éteignirent en même temps que les moteurs. Ils étaient arrivés... Je ne devais plus bouger, je ne devais plus rien dire... Tout juste le droit de respirer. Mais je me pliais aux règles qu'on m'imposait. J'éteignis la lumière et décidai de retourner m'installer sur le balcon.
Je m'assis près du bord, passai mes jambes entre les barreaux, les laissant pendues dans le vide, je posai mes main en arrière et leva la tête, toujours dans leur direction, et je les remerciai encore une fois de m'avoir sauvé.

[...]

Des voix s'élevèrent au dessous de moi. Je retirai mes jambes à toute vitesse des barreaux et me levai d'un bond de peur d'avoir été repérée.

Il y avait des hommes et des femmes. Je ne pus distinguer correctement la conversation tenue, mais je les entendais rire. Eux au moins ils s'amusaient... Puis une silhouette s'approcha, je voyais son ombre avancer en direction de la forêt. Puis une seconde vint à se dessiner. Elles avançaient toutes les deux à grand pas. Je m'accroupie derrière les barreaux en attendant de pouvoir les voir correctement. A présent je les voyais, je me tapis de plus en plus de peur d'être vue. C'étaient deux hommes, plutôt d'âge moyen, les cheveux courts. Ils portaient tous deux un costard noir avec des chaussures vernies et deux cravates dont une rouge et l'autre couleur or. Ce n'était autre qu'une soirée de riches, une soirée mondaine...
Soudain, une troisième silhouette se dessina... Celle de ma mère, qui rejoignit les deux hommes. En s'approchant de l'un d'eux, elle lui agrippa le bras, celui-ci tourna la tête et l'embrassa... Ce n'était autre que son nouvel homme. C'était donc lui mon beau-père...

[...]

Et là, j'entendis un léger son s'élever... Celui d'une guitare.
Etrange...
Qui pouvait bien joué ? Surtout lors d'une soirée comme celle-ci... Puis une personne se mit à chanter... J'étais stupéfaite. Qui chantait ? Qui jouait ? La même personne ? Trop de questions me traversaient l'esprit. Il fallait que je sache qui étaient ces hommes...
Je retournai dans ma chambre en faisant attention de ne pas attirer l'attention de ma mère ou d'un des deux hommes, toujours dans le jardin. Arrivée près de la porte, je me mis à chercher l'interrupteur à tâtons. Une fois trouvé, j'appuyai sur le bouton... 6 secondes plus tard Rose me répondit...

« Oui ? » *Dit-elle*
« ... » *Mon Dieu qu'ai-je fais ? Ma mère si elle le sait ?*
« Sonny si tu as besoin de quoi que se soit dis le moi ! Ne sois pas timide ! » *D'une voix douce, cela me mit en confiance*
« Peux-tu monter ? Désolée de te déranger... Et ne le dis pas à Chanel... Je t'en prie ! » *D'une voix tremblante, je n'arrivais pas à parler normalement*
« Ne t'en fais pas ! J'arrive ! » *Puis elle relâcha le bouton, je n'entendis plus de grésillements venant de l'interphone. Puis j'entendis le parquet grincer, quelqu'un frappa trois coups légers sur la porte*
« Oui ? » *Dis-je avec un peut d'appréhension*
« C'est Rose ! Je peux entrer ? »
« Oui bien sur... » *Elle ouvrit la porte*
« Qu'est-ce qu'il y a ? » *En se mettant face à moi. J'avais peur de lui demander qui étaient ces gens, mais je ne pouvais me contenir plus longtemps*
« Qui sont ces hommes ?... Celui qui joue de la guitare et qui chante ? » *Dis-je timidement*
« Ils sont plusieurs... Et très doués ! Polis et agréables ! Ils ont la joie de vivre ! Ils sont jeunes quoi ! » *Dit-elle avec un grand sourire*
« ...Jeunes ? »
« Oui ! » *En voyant qu'elle ne me donnait pas plus de détails, j'abrégeai la conversation*
« Bien... A demain alors ! Bon soir ! » *En me levant, me mettant face à elle*
« Bonne nuit ! Et n'hésite pas ! » *Elle sorti en me faisant un clin d'½il*

Je refermai la porte, me retourna et m'appuya contre elle, je me laissai glisser jusqu'à m'asseoir à terre... J'écoutais toujours ces personnes jouer... Cela faisait longtemps que je n'avais pas entendu de la musique, ou encore quelqu'un jouer... Et cette voix que j'entendais s'élever peut à peut... J'étais transportée...

[La musique, c'est du bruit qui pense...]

Merci.
# Posté le mardi 21 août 2007 15:30
Modifié le jeudi 18 décembre 2008 14:31